ART-THÉRAPIE.  Les masques tombent lorsqu'une oeuvre est créée dans un dessein thérapeutique.  C'est ce que croit Yolande Charest, qui présente certaines des créations de patients de quatre CHSLD de l'arr. du Vieux-Longueuil, jusqu'au 19 juillet, à la bibliothèque Georges-D'Or.

"Un artiste qui vit de son art va s'adapter selon les besoins et les attentes pour pouvoir vendre son oeuvre.  Mes élèves n'ont pas ces considérations-là.  Ce sont des oeuvres plus vraies parce que ça montre exactement ce qu'ils veulent dire", explique Mme Charest en entrevue.

Plutôt que de parler des bienfaits de l'art-thérapie-et ils sont importants-.  Mme Charest s'attarde sur les oeuvres comme telles de ses élèves, des résidents de CHSLD qui présentent une variété de handicaps physiques et mentaux.  Selon elle, ces peintures ont du mérite en soi et se doivent d'être exposées.

"Ces gens-là ne le font pas pour avoir de la reconnaissance; ils le font pour eux.  Mais il y en a qui développent un talent extraordinaire et qui pourraient même vendre leurs oeuvres s'ils le voulaient".

DES ARTISTES TALENTUEUX

Yolande Charest souligne notamment le talent de Stéphane Provencher, un homme qui connaît de multiples problèmes de santé, après avoir mené une vie assez difficile.  M. Provencher était présent à la bibliothèque Georges d'Or le 25 juin, lors du vernissage de l'exposition.

L'événement était animé par Boucar Diouf, qui a passé beaucoup de temps avec les artistes amateurs.  "Boucar Diouf était formidable; il a été tellement généreux de son temps et de son écoute, affirme Mme Charest.  C'est l'idole d'une de mes élèves, et il a passé beaucoup de temps avec elle".

"Ils sont vraiment très attachés à ce qu'ils ont produit, ça a une valeur sentimentale très forte, poursuit-elle.  Parfois, ce sont les enfants des artistes qui tiennent absolument à garder les oeuvres au sein de leur famille."

Aucune des oeuvres exposées n'est à vendre, mais les visiteurs de la bibliothèque sont invités à faire un don à la Fondation des Centres d'hébergement du Vieux-Longueuil, qui finance les activités d'art-thérapie de Mme Charest, ainsi que d'autres activités, comme la musicothérapie et la zoothérapie.

RÉDUIRE LA DÉTRESSE

Diverses études soulignent les bienfants de l'art-thérapie sur les patients atteints de diverses maladies.  Il offre un moyen d'expression à ceaux qui penent à s'exprimer, comme les personnes autistes.  Mais il réduit aussi la détresse de personnes qui souffrent d'une panoplie de maladies et de handicaps.

Certaines études ont notamment montré une diminution de l'anxiété et des taux de dépression chez les personnes atteintes du cancer.

Photo: TC Media – Jean Laramée